Dans Aspie je t'M Marie témoigne avec une extrême sensibilité de sa relation amoureuse avec un homme présentant le syndrome d'Asperger. Un témoignage fort qui se veut un phare, une petite étoile pour les personnes dans la même détresse que fut la sienne. Une très belle histoire d'amour.
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mardi 11 juillet 2017

Dans le panier des souvenirs ...

 tags : livre, amour, couple, asperger, témoignage, roman, amitié

Dans le panier des souvenirs, au fil des saisons, il y a quelques mois de juillet remplis d'amour et de tendresse. Remplis de rires aussi et de bonheurs. Je les évoque dans Aspie je t'M et si cela peut rassurer quelques-uns d'entre vous, lecteurs de ce blog, qui craignez que le récit ne soit trop triste, je vous livre quelques lignes relatant un bal du 14 juillet ...

photo du net

Il était conscient de ses difficultés de coordination. Il n’aimait pas la danse, ne comprenait pas le plaisir que certains pouvaient y trouver. Je gardais en tête et dans mon cœur aussi, le souvenir d’un bal du 14 juillet où j’avais effectivement fait les frais de sa gaucherie en me laissant stoïquement, tout au long de la soirée, piétiner les doigts de pieds restés à l’air dans les sandalettes. Il dansait les slows en gardant les jambes écartées et extrêmement raidies. Rien ne glissait, c’était saccadé, brusque. Il évoluait en se penchant d’un côté puis de l’autre et je ne pus m’empêcher de trouver qu’il ressemblait quelque peu à un manchot. A un manchot ou à un albatros, vaste oiseau des mers … exilé sur le sol au milieu des huées, ses ailes de géant l'empêchent de marcher.  

Sur les musiques plus toniques il sautait plus qu’il ne dansait ce qui aurait pu passer inaperçu si le rythme avait été un tant soit peu en phase avec la musique, ce qui n’était pas du tout le cas. Mais Gabriel cette soirée-là était des plus heureux ! Qu’est-ce que je l’étais aussi ! C’était notre premier bal ensemble. J’aimais danser et si Gabriel me disait n’être jamais allé au bal auparavant à cause d’acouphènes qui le dérangeaient, je sentais qu’il était aussi capable de s’amuser et qu’il aimait ça. Pour moi, ce n’était sans doute pas le plus réussi techniquement mais émotionnellement ce fut le plus beau de tous mes bals. 

Nous remontâmes ensuite en surplomb de la place où se tenaient les festivités jusqu’à la ville haute où nous avions notre logement. Il nous fallut grimper par le bois et les fossés. Mon chevalier servant se montra nettement plus performant sur ce coup en m’expliquant comment me diriger dans le noir, sans perdre le tracé du chemin, en levant toujours le nez en l’air pour m’orienter avec la clarté du ciel et de la lune grâce à la découpe dans la futaie. 
Une fois parvenus au sommet nous restâmes longtemps sur le rempart à écouter les bruits de la fête qui nous parvenaient depuis la ville basse. 

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